Chine: l’e-sport fait son entrée aux Jeux d’Asie
Hangzhou, Chine – Les Jeux asiatiques, qui ont débuté en grande pompe ce dimanche 24 septembre en Chine, marquent un tournant majeur dans l’histoire de la compétition sportive en accueillant pour la première fois des compétitions d’e-sport. Ces rencontres de sports électroniques, à la popularité grandissante et aux retombées économiques considérables, sont déjà en passe de devenir l’un des temps forts de ces Jeux.
L’arène des sports électroniques d’Hangzhou était pleine à craquer lors du premier match opposant le Vietnam au Tadjikistan sur le jeu “Arena of Valor” (Honor of King), l’un des sept jeux au programme qui permettront aux meilleurs compétiteurs de décrocher la médaille d’or. L’atmosphère était électrique, et les supporters, impatients de voir les athlètes s’affronter, ne cachaient pas leur excitation. Un ingénieur informatique de 32 ans, également joueur passionné, exprime son enthousiasme en déclarant : “C’est la première fois que les jeux entrent dans la compétition, ça fait des mois que j’en rêve.”
Le e-sport, déjà présent en tant que sport de démonstration lors des Jeux asiatiques de Jakarta en 2018, prend désormais une place officielle dans la compétition à Hangzhou en 2023. Avec 490 millions de pratiquants et plus de 500 000 emplois liés à l’industrie du jeu vidéo, la Chine, considérée comme le pays le plus e-sportif du monde, devrait dominer cette édition, en rivalité avec la Corée du Sud, un autre géant des sports électroniques.
Pour l’instant, c’est le Vietnam qui a remporté la première victoire. Les mots tels que “triple mise au sol”, “chaos” et “anéantissement” s’affichaient en grand à l’écran pour souligner l’intensité de l’action, suscitant l’enthousiasme du public, qui se comportait comme lors d’un match de football. Une étudiante présente dans l’arène a exprimé sa joie en disant : “Je suis très excitée, car je joue à ce jeu. C’est la première fois, on espère que les jeux vont être une vitrine mondiale pour les e-sports. Il y a beaucoup de monde qui joue ici.”
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, avec 46 % des revenus des jeux en ligne générés en Asie et des recettes du secteur qui devraient atteindre près de 176 milliards de dollars en 2023. La Chine a récemment assoupli ses restrictions sur les mineurs pour limiter la dépendance aux écrans tout en relançant les approbations de titres proposés par les éditeurs.
Ce dimanche 24 septembre, l’arène des e-sports d’Hangzhou a été le théâtre d’une véritable effervescence, transformée en chaudron par des fans en délire. Que ce soient les supporters passionnés, les équipes composées de cinq joueurs en survêtement, les arbitres, les replays ou les ralentis, l’ambiance ressemblait à celle d’un événement sportif traditionnel. Johnny, un spectateur sceptique, a toutefois exprimé ses réserves : “Pour moi, ce sont des copains qui jouent sur les téléphones, et ce n’est pas du sport.”
Sport ou pas sport, le débat est ouvert, et les instances olympiques observent de près les 3,4 milliards de joueurs annoncés pour 2023. Ces derniers pourraient bien jouer un rôle majeur dans le rajeunissement des Jeux olympiques et dans l’intégration possible des sports électroniques au programme olympique. L’avenir des e-sports semble prometteur, tant sur le plan compétitif que sur le plan médiatique. Les Jeux asiatiques à Hangzhou sont le reflet de cette évolution majeure du paysage sportif mondial.