Le Festival de Cannes est l’un des événements les plus prestigieux de l’industrie cinématographique mondiale. Chaque année, les regards du monde entier se tournent vers la Croisette pour découvrir les films les plus attendus de l’année, les stars les plus célèbres, et les tendances les plus marquantes du cinéma contemporain. Mais cette année, la question se pose : quels représentants pour le cinéma africain seront présents à Cannes ?
Le continent africain est souvent sous-représenté dans les grands festivals de cinéma. Pourtant, le cinéma africain est riche et varié, avec une multitude de voix et de talents qui méritent d’être entendus et reconnus. Cannes n’échappe pas à cette tendance, mais il faut noter que le festival a fait des efforts pour donner une place plus importante au cinéma africain au cours des dernières années.
Dans la sélection officielle, on peut noter la présence de plusieurs films africains cette année. Tout d’abord, il y a “Lingui” du réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun, qui raconte l’histoire d’une mère célibataire qui doit faire face à un dilemme moral difficile. Il y a aussi “La Civil” de la réalisatrice marocaine Ismael El Iraki, qui suit l’histoire d’un couple en crise dans le contexte de la révolution égyptienne. Enfin, il y a “La Traviata, mon amour” de la réalisatrice sénégalaise Ibrahima Touré, qui retrace l’histoire d’amour entre un étudiant africain et une chanteuse d’opéra italienne.
Dans la section “Un certain regard”, on peut noter la présence de “La nuit des rois” du réalisateur ivoirien Philippe Lacôte, un film qui explore le pouvoir de l’imagination et de la narration dans le contexte d’une prison en Côte d’Ivoire. Il y a également “Freda” de la réalisatrice kenyanne Wanuri Kahiu, qui suit les aventures d’une jeune femme en quête d’indépendance dans la ville de Nairobi.
En plus de la présence de ces films dans les différentes sélections du festival, il faut également noter la participation de plusieurs personnalités africaines dans le jury de cette année. Le réalisateur sénégalais Mati Diop, la productrice égyptienne Mohamed Hefzy et la réalisatrice sud-africaine Lynne Ramsay font partie des membres du jury qui vont délibérer sur les films en compétition cette année.
Malgré ces efforts pour donner une place plus importante au cinéma africain, il faut reconnaître que la représentation reste encore timide. Le festival de Cannes a encore du chemin à parcourir pour vraiment donner une place centrale aux films et aux cinéastes africains. Mais ces quelques films sélectionnés cette année sont une preuve encourageante que la diversité et la richesse du cinéma africain sont en train d’être de plus en plus reconnues et appréciées. Espérons que cette tendance se poursuivra dans les années à venir, et que de plus en plus de cinéastes africains pourront se faire entendre à Cannes et dans d’autres grands festivals de cinéma à travers le monde.
Njifontahouo Adamou
– Pour Nexfrica