Fragilisée économiquement, affaiblie par les mesures restrictives
que lui impose Moscou dans la vente de son gaz, défiée en Afrique
par les grandes puissances, dénoncée et vomie par les populations,
Paris, obligée de se tourner vers l’Algérie malgré le contentieux
historique entre les deux pays, ménage pour trouver un allié
stratégique. L’énergie mieux que la ‘’réconciliation’’ en toile de
fond d’une rencontre le weekend dernier entre le président français
et son homologue algérien Aldelmadjid Tebboune.
La France pactiserait avec le diable pour se frayer à nouveau un
chemin sans coup férir dans le continent. ‘’La question mémorielle ‘’
et la ‘’réconciliation’’ diffusées par l’Élysée puis relayées dans les
médias français comme menus principaux du tête-à-tête des chefs
d’États français et algérien, occulte les ambitions de la France-
obligée d’activer son levier diplomatique et géostratégique au milieu
de la panoplie de ses rivaux en Afrique, mais aussi en raison des
crises qu’elle traverse. La Chine, la Russie et dans une certaine
mesure la Turquie, l’Inde, lui dament le pion dans ses anciennes
colonies. Le réchauffement des relations diplomatiques entre la
France et l’Algérie, initié par les cellules du Quai d’Orsay vise à
‘’oxygéner’’ ce pays d’Europe.
Paris essuie la colère des africains, visible par le sentiment
antifrançais davantage galopant mais, ne peut reculer tant son avenir
en dépend. A Alger, sous les yeux d’Emmanuel Macron, les foules ont
exprimé leur ras-le-bol vis-à-vis de l’ex puissance colonisatrice. Les
affiches portant les expressions ‘’France dégage ‘’ , ‘’On n’en veut
plus’’, démontraient la révolte.
Le gaz algérien au tableau de la rencontre et des négociations

Le pays produit 100 milliards de mètre cube de gaz par an et se classe
parmi les dix premiers producteurs de cette source d’énergie dans le
monde. Sa position force le rapprochement de la France- dépendante
jusqu’à 20 % du gaz de Russie. Les tensions entre Paris et Moscou,
issues de la crise russo-ukrainienne, paralysent la France. Vladimir
Poutine impose l’achat de son gaz en rouble et emploie des
stratagèmes pour ralentir la distribution. L’hiver approche, les
ménages français vont sans doute subir au manque à gagner.
L’Algérie semble une alternative. Une hausse de 50% de son gaz est
envisagée pour satisfaire l’Europe alors que les 9% actuellement
distribués en France valent peu.
Au-delà du discours politique d’Emmanuel Macron en Algérie et en
référence à ‘’une nouvelle dynamique irréversible’’ dont il fait
allusion, l’Algérie, opposée à la France devant les grands enjeux
internationaux serait-elle son fil d’Ariane ?
Tchuisseu Lowé
Correspondant Nexfrica pour le Cameroun