Le rappeur ivoirien Didi B, de son vrai nom Bassa Zéréhoué Diyilem, est en passe de devenir une figure emblématique de la scène musicale africaine. Récemment couronné d’un disque d’or, l’artiste a décidé d’explorer de nouveaux horizons musicaux tout en continuant à ravir ses fans avec son rap authentique.
C’est dans un lieu plutôt inattendu, les locaux du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, au 18e étage de la tour Postel 2001, que nous avons rencontré Didi B. Accompagné de son équipe, dont sa manageuse Diba Diallo, il attendait une audience avec le ministre Souleymane Diarrassouba pour discuter de la réservation du Parc des expositions d’Abidjan en vue d’un concert. Ce lieu de rendez-vous inhabituel ne fait que refléter la détermination de Didi B à conquérir de nouveaux publics.

Le Parc des expositions d’Abidjan, inauguré en grande pompe le 17 juillet dernier, est une salle de spectacles conçue par l’architecte renommé Pierre Fakhoury pour le ministère du Commerce. Avec une capacité d’accueil allant jusqu’à 5 000 places assises et 6 000 debout, remplir cette salle serait un véritable exploit pour le jeune artiste, qui est actuellement en tournée.
Le 11 novembre 2023, Didi B annoncera avec enthousiasme à ses 2,5 millions d’abonnés sur Facebook que son concert au Parc des expositions aura bel et bien lieu, confirmant ainsi sa montée en puissance sur la scène musicale ivoirienne.
Né en avril 1992 au village Ki-Yi à Abidjan, Didi B a grandi au sein d’une famille d’artistes. Son père est producteur et pianiste, tandis que sa mère est chorégraphe. Dès son plus jeune âge, il baigne dans l’univers artistique en apparaissant dans des clips et des films. Sa vocation était claire : il rêvait de devenir une star. Son environnement créatif a profondément influencé sa musique, ses clips et ses performances scéniques. Il explique, “La culture a eu une telle incidence dans ma vie que c’est devenu un mode de vie. Ça m’a permis d’être à l’aise, et ça a même commencé à me manquer quand je partais à l’école.”
Après avoir fait partie du groupe de rap Kiff No Beat, Didi B décide de se lancer en solo avec le single “Assinie,” une ode à la station balnéaire qui marquera un tournant dans sa carrière. Il élargit son horizon musical, refusant de se cantonner à un seul style. En 2022, il sort son album “Mojotrône II : History,” coproduit par le label Coast to Coast et le rappeur français Booba, avec qui il collabore étroitement.
Le succès ne se fait pas attendre, notamment avec le titre “Tala,” qui cumule près de 8 millions de vues sur YouTube. En juillet dernier, Didi B reçoit un disque d’or des mains des ministres de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et du Commerce, Souleymane Diarrassouba. “C’est le fruit du travail fourni depuis des années, de Kiff No Beat jusqu’à ma carrière solo. Ça nous rend tous fiers, d’autant plus qu’il vient de mon pays, là où les choses ont commencé,” s’enthousiasme-t-il.
Pour être certifié disque d’or en Côte d’Ivoire, il faut vendre au moins 10 000 CD, et cela implique la participation de plusieurs acteurs. Le distributeur doit apposer un sticker du Bureau ivoirien des droits d’auteurs (Burida) sur chaque CD, puis l’Association des producteurs et éditeurs de musique de Côte d’Ivoire (Aprodem) vérifie les ventes auprès du distributeur et dans les points de vente. Michel Assemien, directeur général de Dream Maker, actif dans la distribution, explique que pour Didi B, ils avaient fabriqué environ 13 000 CD et organisé une prévente en ligne, suivie de séances de dédicace dans les points de vente.
En plus des ventes physiques, Didi B a cumulé 50 millions de vues sur toutes les plateformes de streaming, notamment grâce à Boomplay, qui a enregistré la majeure partie de ses écoutes. “Il a sorti son album en 2022, lorsque la plateforme se lançait en Côte d’Ivoire. L’avantage, c’est qu’elle propose une version gratuite sur laquelle on peut écouter les albums des artistes, bien qu’ils soient entrecoupés de publicité,” explique Tehui Yacé, spécialiste en stratégie d’acquisition, de distribution et de promotion de contenus streaming.
Didi B a également su cultiver une fanbase fidèle en entretenant une présence active sur les réseaux sociaux, partageant des aspects de sa vie quotidienne avec humour. Sa compagne, Saraï D’hologne, qui est également artiste, participe à certains de ses projets, offrant ainsi une visibilité accrue aux marques et aux entreprises associées à leur image.
Malgré ses racines dans le rap, Didi B a récemment collaboré avec de jeunes artistes ivoiriens dans le genre du “maïmouna,” un style musical dansant mêlant différentes influences. Il explique, “C’est du coupé-décalé revisité. Ils ont mélangé du rap avec de l’afro-drill, des sonorités coupé-décalé et des atalakous. Les petits ont ajouté ce qui manquait à la génération hip-hop/rap de notre époque pour que l’on puisse dominer la musique ivoirienne : la danse.”
Même si ce virage musical a été critiqué par certains de ses fans, ses collaborations avec la jeune scène suscitent un vif engouement. Son titre “En haut,” en collaboration avec Jr Low et Tam Sir, totalise plus de 26 millions de vues sur YouTube en onze mois. Didi B assume pleinement ses choix artistiques, affirmant, “J’ai un public puriste qui n’aime pas me voir dans la sphère